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Une basse cour à la Prévalaye

Vous n’y trouverez peut-être pas des poules mais des œufs et surtout des fruits et des légumes. La « basse-cour » est l’ancienne ferme du château de la Prévalaye (détruit en 1945). Elle est située en bordure des jardins des Mille pas, des jardins familiaux et à proximité du centre de loisir. Là, plusieurs associations regroupées autour d’une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) proposent depuis la fin du mois d’août un ensemble d’activités regroupées autour de l’agriculture, la culture et l’alimentation.


Un peu d’histoire

Si l’on remonte au XVIIe siècle, la ferme de la basse-cour dominait une vaste zone agricole et maraîchère à proximité de Rennes. On y produisait de tout et plus particulièrement un beurre à la saveur incomparable envoyé jusque sur les grandes tables parisiennes : « le beurre de la Prévalaye. »

Si l’on remonte un peu moins loin, depuis 2010, à l’issue d’une réflexion menée autour de l’écocentre de la Taupinais un groupe de personnes, des passionnés d’agriculture et de maraîchage biologique, des scientifiques, travaillent dans la perspective de redonner à ce secteur sa vocation agricole et alimentaire aux portes de la ville.

En juin 2019, la ville de Rennes a lancé un appel à projet pour la réhabilitation des bâtiments de cette ferme et c’est un collectif, regroupé autour de l’appellation « La basse-cour »,

qui l’a remporté. Ensemble, ils ont proposé un nouveau lieu de convivialité axé sur le bien-manger accessible à tous, un lieu d’échanges citoyen, de restauration, de formation et de résidences artistiques pluridisciplinaires. Ce site souhaite développer des projets en lien avec les activités agricoles et de maraîchage déjà présentes sur le site.


Un projet participatif

Êléanor Havas, seule salariée de l’association, nous en précise les contours. « La première partie du projet intégrera un restaurant, un bar et des animations. En amont, nous avons planché sur ce que serait une guinguette idéale. Une équipe professionnelle avec des compétences croisées, paysagistes, architecte, étudiants et étudiantes en design, artisans…et des dizaines de bénévoles s’y sont investis. Résultat, deux bâtiments neufs en bois ont été construits sur l’emprise des bâtiments existants et le maximum a été fait pour réutiliser tout ce qui était sur place. »

Le coût total est évalué à 99 000 euros. Il est financé en partie par des prêts bancaires et par des dons dans le cadre d’un financement participatif. Un bail avec la ville a été signé. Un financement participatif a notamment permis de rémunérer les artisans professionnels qui ont encadré les bénévoles lors de l’aménagement de la Guinguette qui constitue la 1re phase du projet. Elle a été inaugurée le mois dernier.

L’aménagement des annexes et du corps de ferme est programmé pour 2022 et 2023. Il marquera l’aboutissement d’un lieu qui s’intègre dans le projet « Prévalaye paysanne plurielle » visant à retisser des liens entre la ville et la campagne en redonnant sa vocation nourricière initiale à ce territoire agricole périurbain.


Ce projet vise plusieurs objectifs :

• la cuisine partagée avec des ateliers du champ à l’assiette,

• le recueil des attentes et des initiatives des habitants sur la sensibilisation à la nature,

• le travail avec des artistes (par exemple la Compagnie Mirelaridaine),

• la réalisation de repas partagés, cueillette, confection de repas, spectacles sur l’alimentation.


L’intégration dans un écosystème professionnel existant

Cette guinguette et les initiatives qui vont au fil des ans s’y développer sont dans le prolongement des activités existantes. Celles de « Perma G’rennes » qui produit en permaculture des légumes, fruits, graines qu’elle vend sur les marchés, ou encore les recherches-actions menées par des chercheurs de l’Inrae (Institut national de recherche agricole et environnementale), sur la réhabilitation des semences paysannes en partenariat avec des agriculteurs locaux mais aussi nationaux, voire internationaux et tout particulièrement avec les voisins du site :

les jardins des Mille pas.

Maxime Pfohl, membre fondateur, coordinateur et animateur de l’association du Jardin des Mille pas, nous en dit davantage :

« C’est effectivement le cas pour les activités conduites par notre association autour de la production maraîchère, la formation et l’accompagnement des futur jardiniers. Ainsi la formation aux techniques agricoles biologiques, à une alimentation plus équilibrée et moins carnée sera très présente autour d’ateliers variés. L’idée d’organiser un marché de producteurs avec le souhait que les habitants puissent venir récolter les légumes et les fruits directement suit son chemin, celle de mutualiser l’achat de matériel de jardinage, de créer une plateforme de compostage aussi… En résumé, le jardin des Mille pas est le champ et la Basse-Cour l’assiette. »


Un lieu ouvert

Vous l’aurez compris, le projet de la basse-cour est ouvert à tous et à toutes les initiatives… Rien n’est figé, c’est un lieu différent et complémentaire des autres projets initiés sur le site de la Prévalaye. On y mangera des produits sains, issus des jardins à proximité, on y apprendra à les cultiver, on échangera autour d’une bière ou d’une limonade à l’ombre des arbres, on y écoutera de la musique…bref, on y reprendra sa respiration dans un cadre naturel, on cultivera en se cultivant.

La guinguette a été inaugurée le week-end des 27 et 28 août. Allez vite découvrir ce nouveau lieu !

Marie-Françoise Couronné et Jean-Yves Dagnet


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